Les CFQ sont un organisme autonome sans but lucratif, apolitique, regroupant les femmes tant du milieu rural qu'urbain, sans distinction de condition sociale, voué à l'amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille ainsi qu'à la transmission du patrimoine culturel et artisanal.
À quand remonte la broderie sur filet? On ne peut affirmer un moment bien précis, mais cette technique était courante chez les peuples établis dans les pays bornant la mer car le filet était l'outil principal de la pêche, même de la chasse et du transport des marchandises.
Attardons-nous plus à la broderie sur filet. Partons à la recherche de motifs. Pour les débutantes, il importe de choisir des formes simples sans trop d'élaboration, car il est le point qui est sans contredit le plus important, car il maintient la bonne mise de tout filet, qu'il soit rectangle ou losangé.
Pour travailler à l'aise et obtenir de très bons résultats, il faut monter et tendre souplement le filet sur un cadre. L'emploi du cerceau à broder ou à de grande surface peut convenir lorsque la pièce est d'une grandeur extrême.
Le mot « toile » indique tissu, tissage. Passage de fil dessus, dessous dans les mailles.
Idéalement la planification des motifs composant l'ensemble de la broderie est primordiale. Avoir une vue d'ensemble de la pièce évite les mauvaises surprises. Un duplicata du dessin général sauve aussi du temps.
Le point de toile pour couvrir les formes simples se travaille bien. Son parcours est prévisible directement sur le filet. Mais pour les dessins plus complexes, l'emploi d'un transfert du dessin sur papier quadrillé avec un cheminement pré établi évite de défaire et de refaire.
Lorsque le quadrillé convient aux mailles du filet rien de plus facile pour suivre notre travail.
On fait une première ébauche dans l'un des sens, vertical ou horizontal. À chaque fois il faut travailler en aller-retour, il y aura toujours deux fils dans chaque maille.
Pour débuter la broderie, il nous faut nouer le fil de départ. Un noeud sur le doigt, puis avec l'aiguille contourner la maille et insérer l'aiguille dans ce noeud. Fermer le noeud graduellement jusqu'à la sortir définitive du fil.
Faire le premier trajet tracé sur le papier, vérifier au fur et à mesure en déposant le travail sur le papier.
Une fois que le parcours vertical est terminé, il faut travailler dans l'autre sens toujours en aller et retour dans la même maille, sans négliger de faire passer l'aiguille dessus / dessous ou inversement. Lorsque la forme implique des rangées droites de mailles à broder, le point s'exécute très bien. On n'a toujours tendance à aller de l'avant sans revoir son travail, nous aurons des surprises à être trop confiant si on ne revient pas vérifier.
Lorsqu'on arrive à une transformation du dessin, où il y a diminution de mailles, nous travaillerons que les mailles qui font parti du premier trajet. Ainsi nous tisserons les deux mailles, puis la dernière. Pour se rendre à l'autre section, nous devrons exécuter des « mailles coulées », c'est-à-dire nous conservons toujours l'ordre de tissage (dessus si on a passé dessous) et nous contournons la maille et le fil comme la photo pour aller à la suivante.
Le passage de mailles coulées équilibre le travail et permet de le poursuivre dans une autre section. L'équilibre du motif sera complet en continuant la maille coulée jusqu'au point de départ.
Sur papier nous remarquerons des points sur la tête du fil qui passe sur la maille.

Auteure : Jeannette Hamel Bellefeuille
Le plaisir de broder atteint son apogée.
La création n'a pas de limite.
Tous motifs peuvent devenir une œuvre d'art.
Lorsque le fil se croise, éclate la dentelle.
Ce travail rivalise avec celui d'une fée
Qui, sans jamais, elle le quitte
Tel l'araignée travaille sa toile le soir,
Pour qu'à la rosée, sous le soleil, elle soit plus belle.
Lorsque l'on visite les greniers empoussiérés des vieilles maisons habitées par de vieilles dames encore alertes mais fatiguées aux mains tremblantes, il y a presque toujours des bouts de « gazettes » jaunies soigneusement pliées avec des petits griffonnages notés à la mine de plomb.
Souvent ces feuilles portaient le nom de « Broderie pratique de Paris » paraissant le 10 de chaque mois sous la signature de son propriétaire Émile Gorcy, directeur. Qui se souvient de ce magasin Gorcy au 508 rue St-André à Montréal où probablement était monté ces feuillets offerts aux dames.

Un autre magasin Gorcy qui vendait le nécessaire pour tous travaux d'aiguille et de crochet était situé au 386, Ste-Catherine Est à Montréal. La brochure coûtait 15 sous du numéro et l'abonnement 1,00 $.

Sur la couverture, une dentelle ovale au filet noué brodé au point de toile occupe une belle place. Le sommaire, sur l'exemplaire du 10 mai 1920, regroupait des modèles de broderie grandeur prêts à être employé, des motifs de filet au crochet, dentelles et des leçons de broderie.
Les leçons de broderie élaborées par Cousine Jeanne donnaient la manière de travailler le filet noué. L'offre pour se procurer une navette était de 30 cennes et les moules de 25 cennes. N'oublions pas que c'est en mai 1920. C'était les mêmes dessins que l'encyclopédie des ouvrages de Dames.