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Développez vos talents pour... La broderie norvégienne (Hardanger) N° 3

Encore une fois, nous aurons l'occasion d'expérimenter une nouvelle pièce qui permet de peaufiner notre technique de broderie « hardanger » tout en ajoutant un léger supplément, soit un nouveau point et une nouvelle manière de monter un petit coussin à épingles dit biscornu.

N'hésitez pas à consulter les capsules précédentes sur la broderie « hardanger » :

Technique

La toile employée est à compte carré, l'aiguille est à bout rond no 24, avec un fil mercerisé DMC no 10 pour broder le contour, les pavés en escalier, l'étoile central, les petits coeurs et losanges.

L'emploi d'un fil à coudre de couleur or en viscose servira au travail des barrettes à point de reprise sur les côtés et de celles à surjet simple qui complètent les motifs dans les angles droits et du point de piqûre en diagonal.

Cette pièce a été exécutée sans patron spécifique selon la disponibilité sur la toile.

Préparation de base

Puisque le patron se bâtit au fur et à mesure, préparons notre toile : dans ce carré de toile minuscule de 12,5 cm de côté, je dois y compter le nombre de pavés possible tout en conservant un espace pour la manipulation du travail. Cette démarche est importante, car le nombre d'ajours créés le long de la bordure doit être un nombre impair, également réparti du pavé central.

Contour de la pièce

Contour de la pièce : points festons rectilignes.

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Le travail du contour de cette pièce est de points festons rectilignes. À quelques pavés du coin, des points festons sont plus longs couvant la valeur de 8 fils (2 pavés) et sur le reste du bord on travaille un multiple de festons correspondant à un pavé de 4 fils de toile. Les coins sont travaillés comme les angles droits.

Contour de la pièce.

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À l'intérieur de la pièce, des blocs ou pavés sont en escalier. Ces blocs sont formés de cinq points de passé plat sur quatre fils de toile. Chaque bloc est espacé de quatre fils du bloc suivant. La photo démontre une ébauche du travail.

Étoile centrale

Étoile centrale.

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Cette étoile doit être bien centrée sur la pièce. Ses pointes externes doivent être sur la même ligne que les pavés en vis-à-vis. Au centre de chaque pointe, travailler un point lancé sur 2 brins, puis ajouter un brin au fur et à mesure que la pointe se forme. On doit retrouver 6 points lancés de chaque côté.

Coeurs et losanges

Coeurs et losanges.

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Pour réaliser les petits coeurs et les losanges, il suffit à nouveau de se servir de points lancés dont on raccourcit la longueur des points. Il importe de bien centrer chaque motif.

Point de piqûre en diagonale

Point de piqûre en diagonale : étape 1.
Point de piqûre en diagonale : étape 2.

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Avant de commencer sur votre pièce, prendre un petit coin d'échantillon permettra de mieux évaluer ou débuter sur votre travail. Ce point se situe le long des pavés en escalier de notre pièce.

En un point qu'on appellera (1), sortir l'aiguille et la piquer en diagonale 2 fils plus haut et 2 fils plus à droite (2).

La ressortir à la verticale de ce point 2 fils plus bas en (3).

Piquer ensuite l'aiguille en diagonale 2 fils plus haut et 2 fils plus à droite en (4).

Sortir l'aiguille à l'horizontale en (2) répéter ce mouvement aussi longtemps que le motif de pavés en escalier le permet.

Angle du point de piqûre en diagonale

Angle du point de piqûre en diagonale : étape 1.
Angle du point de piqûre en diagonale : étape 2.

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Piquer de (1) en (2).

Ressortir l'aiguille en (3) en diagonale 2 fils à droite et 2 fils plus bas.

Faire un point arrière en piquant en (2).

Ressortir l'aiguille à la verticale de ce point 2 fils plus bas, et reprendre le mouvement de diagonal jusqu'au prochain angle.

Ajourage de la pièce

Ajourage de la pièce.

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Couper en suivant l'extérieur des pavés en escalier, toujours au point de rencontre de deux pavés. Ensuite glisser la pointe des ciseaux en suivant le fil qui conduit à la bordure des points de feston. Couper perpendiculairement aux festons. Enlever les fils. La ou les fils se retrouvent libres, nous y broderont les barrettes pour ceux qui sont parallèles à la bordure. Les fils qui sont voisins d'un espaces vide, nous ferons des barrettes à sujet simple sur 2 des 4 fils.

Motif du coin

Motif du coin.

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Une fois que toutes les barrettes à surjet simple sont complétées. Lancer un fil d'un coin entre les pavés, jusqu'au centre des 4 fils, sortir l'aiguille pour aller dans l'angle opposé, revenir en torsadant le fil autour du premier, pénétrer l'aiguille au centre (si le premier fil était dessus, il faudra entrer l'aiguille sous le tissu pour conserver la torsion de ce dernier). Une fois complété, aller dans l'autre direction et répéter la même opération.

Résultat final

La fabrication d'un biscornu comprend 2 carrés dont les coins de l'un sont assemblés au centre des côtés du 2e carré. C'est pour cela qu'il porte ce nom, car il diffère du coussin habituel dont les coins et côtés sont l'un sur l'autre.

Biscornu.

Auteure : Jeannette Hamel Bellefeuille

Quelques œuvres de nos membres...

Broderie hardanger avec points lancés et barrettes.Broderie hardanger avec barrettes et étoiles.Broderie hardanger avec barrettes, points d'esprit et point lancé losangé.

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Merci spécial aux artisanes
qui ont accepté de nous faire partager leurs habiletés.

Haut de page.
Dernière mise à jour : 2009-04-15

Cette broderie se marie bien avec ce biscornu, sorte de pique épingles toujours utile à toutes couturières et brodeuses, et qu'on retrouve dans presque tout panier à ouvrages. Cependant ils ne sont pas tous rangés là...

Le chapeau de Grand-mère

Suspendu au crochet doré du cadrage de la fenêtre où sa machine à coudre était soigneusement dissimulée sous le tournant de l'escalier, le vieux ruban rose vieilli par les années était étiré et droit. Fatigué de conserver le même angle sous le poids de cette calotte conservée assez fraîche malgré le velours devenu satiné retenue par des fils de soie qui soutenait à bout de bras la vieille sciure de bois.

En effet, ce chapeau s'est vu maintes et maintes fois piquer d'aiguilles à tête perlée, tête droite, tête plate, à chas étroit, large. Comme le disait grand-mère, « sa pelote d'épingles » avait reçu des aiguilles, des épingles qui en avaient vu des robes, des tabliers, des chemises, des pantalons de toute la famille. Grand-mère, couturière à ses heures, avait cousu tantôt sous le soleil ardent du début d'après-midi, au soleil couchant, et même à la petite lampe le soir venu. Le berceau scandé du pédalier de sa vieille « Singer » avait occupé ses heures de production pour habiller jeunes et vieux.

Au fil du temps, la « pelote d'épingles » s'est vu associer différents noms plus élégants les uns que les autres. Ainsi on passe de « coussin à épingles » à « coussinet d'épingles », « pique épingles », « porte épingles », laissant place aux formes les plus variées de ses concepteurs.

Pour un collectionneur, c'est l'article le plus varié et le plus courant que l'on puisse trouver dans les brocantes. Les tissus employés, tantôt luisants, veloutés, soyeux, rugueux, satinés, brodés conviennent tous à la fabrication de la « pelote à épingles ».

Pour les amateurs de travaux à l'aiguille, chacun les fait à sa mesure, selon l'usage tantôt pratique qu'il désire, selon la place qu'il prend dans sa boîte à ouvrages. Les plus beaux ne se retrouvent pas sur les comptoirs commerciaux.

Pourquoi ces petits coussins à épingles ne deviendraient-ils pas monnaie d'échanges entre amies, gages d'amitié au sein d'un groupe et se les faire offrir.

Puisqu'il est question de fabrication, que doit-on employer comme rembourrage de ce petit objet si pratique, qu'on peut porter au doigt comme une bague, au poignet comme un bracelet, avoir dans sa trousse de couture, mettre au cou de sa machine à coudre? Et décorer notre coin secret de couture.

Autrefois les pelotes à épingles de ma grand-mère étaient remplies de sciure de bois, du moins son chapeau, le velours qui le recouvrait était doublé d'un sergé serré qui retenait bien ses particules poussiéreuses. Aujourd'hui, la bourre polyester favorise le bourrage propre des jouets.

Mais une fibre très légère existe encore sur le marché. Elle est d'origine végétale, fine et soyeuse, imperméable et imputrescible, constituée des poils recouvrant les graines du kapokier ou fromager. Le kapok naturel imperméable et gonflant est largement utilisé pour la confection des coussins.

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Réalisation : Diane Bellefeuille